Environnement, Tribune libre, Urbanisation

PLM, un écoquartier à Meylan ?

Cet article a été publié dans l’écho en ligne n°87

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Tribune libre par Marie-Thérèse Dimitrov

Selection_0179La COP 21 définit le XXIe siècle comme celui des territoires : c’est dans le cadre des villes en transition que s’est tenue la Biennale de Grenoble du 9 au 12 mars, parrainée par Laurence Tubiana et Nicolas Hulot. La Chambre de Commerce et d’Industrie avait organisé une table ronde sur le thème Innovations de l’habitat durable au cours de laquelle étaient présentés l’Écocité grenobloise ainsi que ses enjeux dans le neuf (Presqu’île et Flaubert) comme dans la réhabilitation de l’existant avec l’exemple de la Villeneuve.

Au moment où il est question de construire un Écoquartier sur le site du PLM à Meylan, il est bon de rappeler que ce label, promu par le ministère français de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDE), désigne un projet d’aménagement urbain dans lequel sont intégrés des objectifs dits « de développement durable », soit écologiques dans la mesure où ils visent à réduire l’empreinte carbone. Les enjeux environnementaux sont donc pris en compte selon des exigences ambitieuses bien au-delà des seuils réglementaires :

  • les consommations énergétiques sont réduites de manière drastique avec le recours le plus souvent possible à des énergies renouvelables
  • les déplacements sont mieux gérés grâce à l’incitation à utiliser des moyens de transports doux (transports en commun, vélo, marche à pied) au détriment de l’usage de la voiture. Une attention particulière est portée au développement des pistes cyclables, des voies piétonnes et à la présence de parking à vélos sécurisés
  • les consommations d’eau sont gérées de manière à récupérer les eaux pluviales qui peuvent être soit utilisées pour arroser les espaces verts, nettoyer la voie publique, soit récupérées dans les toilettes
  • la production de déchets est limitée grâce à la collecte sélective, au compostage des déchets verts grâce à des emplacements prévus à proximité des habitations et réutilisés ensuite pour les jardins et les espaces verts
  • la biodiversité est préservée dans le respect des écosystèmes
  • la nature des matériaux de construction utilisés sont de très haute qualité environnementale avec le recours à des écomatériaux ou encore des matériaux biosourcés (bois, chanvre, paille, terre, liège, ouate de cellulose, laine de mouton, textiles recyclés). Les deux offrent de bien meilleures performances de confort thermique et de régulation hygrométrique.
  • le quartier durable promet un accès plus facile à des activités sportives ou culturelles. Les services et les commerces se veulent multifonctionnels et le développement de zones économiques permet un équilibre des différentes fonctions
  • les habitants sont impliqués dès la conception ou la réhabilitation du quartier parce que les principes de développement durable placent la concertation au cœur du processus. La conception de tels quartiers accorde une importance toute particulière à la mixité socio-économique, culturelle et générationnelle

La caserne de Bonne, premier écoquartier de France, est déjà dépassée en termes de performances par celles des écoquartiers de deuxième génération : la Presqu’île en est une bonne illustration. La norme RT 2000 a non seulement été divisée par 2, mais les promoteurs se sont engagés à appliquer la norme RT 2012 moins 30%. Le système de climatisation pour la deuxième tranche de logements du secteur « Cambridge » est équipé d’une solution géothermique pour chauffer et refroidir les appartements. Une pompe à chaleur sur la nappe phréatique du Drac pompe l’eau pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire et celles-ci sont ensuite évacuées avec 2 réseaux d’exhaure communautaires dans l’Isère. Cette installation permet un rafraîchissement passif des logements en été.

L’écoquartier Flaubert prévoit dans sa première phase une mixité et une diversité dans l’utilisation des matériaux de construction. Le bâtiment Terra Nostra au 2 rue Gustave Flaubert en est le prototype avec ses matériaux biosourcés : le bois et la terre. Par ailleurs, sur le site Flaubert, la ventilation en double flux est obligatoire avec un débit de renouvellement de l’air qui permet d’avoir une bonne qualité de l’air intérieur. Un réseau de chaleur urbaine basse pression est un mode de chauffage innovant. Les toitures et les cœurs d’îlots sont végétalisés et l’agriculture urbaine y est développée. Le passé industriel du site est valorisé par la conservation des rails de l’ancienne gare de triage convertie en piste cyclable. Cet écoquartier est un véritable laboratoire de la transition citoyenne et porteur de projet collaboratifs : le MIN (Marché d’Intérêt National) sera en lien avec la cantine solidaire. La déchetterie va être requalifiée et une ressourcerie va voir le jour.

La Bifurk et la MC2 seront les deux pôles culturels. Le parc Flaubert intègre les attentes des Grenoblois qui se sont exprimés à plusieurs reprises depuis 2011. Des activités sportives, présence de la nature, aires de loisirs et de détente ont été plébiscitées. Ce corridor écologique permet la mise en réseau écologique des espaces de la trame verte et les déplacements de la faune et de la flore. Chaque détail a été pensé en fonction de son impact écologique. Les eaux de pluie sont soit infiltrées grâce aux différences de niveau des sols, soit récupérées pour alimenter un système d’arrosage piloté par un logiciel. L’éclairage par Led, économe et directionnel, limite au maximum la pollution lumineuse qui perturbe les écosystèmes. La mare, elle, offre un milieu humide unique en centre-ville.

Enfin la réhabilitation de la Villeneuve porte sur les cheminements piétons et, en vue de changer l’image du quartier, l’effort porte sur tout ce qui est visible aussi de l’extérieur. Les logements ont subi une lourde rénovation intérieure également et de profondes transformations. Les habitants ont gagné en confort tout en divisant par 2 ou 3 leur facture de chauffage.

Ces différents exemples d’écoquartier, s’ils sont un pari sur l’avenir en terme de développement durable, ne peuvent se faire sans concertation avec les habitants parce qu’un aménagement réussi doit aussi traduire les volontés des citoyens.

De quels écoquartiers veut-on à Meylan ou ne veut-on pas ?

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