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Avis de la CEM sur le PLUi

Selection_1566La Commission Extra-Municipale (CEM) a rédigé un avis sur le PLUi qui a été transmis aux élus métropolitains de la commune et aux élus municipaux pour éclairer le vote au Conseil métropolitain et au Conseil Municipal. En voici un résumé. Le document complet est également disponible.

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La densification urbaine est présentée comme l’un des piliers de l’aménagement durable. Mais cette injonction à la densification finit par être contre-productive au-delà d’un certain seuil, détruisant de façon irréversible le cadre de vie et le capital nature de la commune.

Or l’évolution du climat rend encore plus nécessaire la préservation en zone urbaine d’une couverture végétale arborée conséquente, qui contribuera à assainir l’air et maintenir une hygrométrie, indispensables à l’adaptation de l’habitat au réchauffement climatique.

Meylan a cette particularité dans la métropole grenobloise de s’être construite sur ce modèle de ville-nature. Il serait irresponsable de le dégrader au moment même où il devient un pilier de l’urbanisme durable.

Le projet de PLUi, malgré quelques avancées (OAP Paysage, carte du patrimoine enrichie), reste déséquilibré et privilégie encore trop les objectifs quantitatifs du PLH au regard des préconisations qualitatives du PADD et des orientations du Plan Climat.

C’est pourquoi la CEM recommande de ne pas approuver le PLUi en l’état, et demande un ensemble de modifications qui permettent à la commune de répondre de façon qualitative aux exigences de densification.

L’avis de la CEM se structure donc autour de préconisations et de demandes pour :

  • (1) Préserver le modèle Ville-Nature ;
  • (2) Stopper l’urbanisme à la parcelle : définir et mettre en place une réflexion globale d’aménagement sur les secteurs devant supporter l’essentiel de l’effort de densification : « Cœur de ville » et Inovallée;
  • (3) Tenir compte de la très forte pression sur les parkings;
  • (4) Aborder la question de la mixité sociale avec pragmatisme, en tenant compte de l’ensemble des contraintes du territoire.

 

(1) Préserver le modèle Ville-Nature

Rendre les règles de zonage plus cohérentes avec l’ambiance Ville-Parc en augmentant le coefficient de surface pleine terre pour éviter le détournement de l’OAP Paysage par un abus des surfaces végétalisées.

Sur l’ensemble du périmètre Ville-Parc, à Meylan, mais aussi sur les communes de La Tronche et Saint-Martin d’Hères :

  • modifier UC1a : 50% de surface pleine terre (au lieu de 30%) et 60% de surface végétalisée

  • remplacer les zones UC1 en UC1a

  • remplacer les zones UC2 en une zone UC2a à créer : 30% de surface pleine terre (au lieu de 20%) et 60% de surface végétalisée (au lieu de 40%)

 

 (2) Stopper l’urbanisme à la parcelle

Lancer – enfin – le projet d’aménagement du cœur de ville, proposition du Projet de Ville Acte 2 gelée depuis le changement de majorité municipale en octobre 2018.

Sur un périmètre allant du projet de la Carronnerie à l’Ouest d’Inovallée (incluant le quartier de la Revirée, les secteurs Paquet Jardin et Société Générale, PLM, la Faculté de Pharmacie, la Serve, la Mairie, les mini-parcs).

Il ne s’agit pas de créer un « centre-ville »: ce serait un contresens pour Meylan. Il s’agit au contraire de favoriser les connexions inter-quartiers, de créer des espaces ouverts partagés, de valoriser les cheminements doux et les porosités.

Nous demandons aussi d’intégrer dans cette approche globale la définition et la mise en place d’outils permettant de maîtriser la densification des zones pavillonnaires du secteur : chemin de Chaumetière, Hameau blanc, Allée de la Piat, chemin des Buclos Est et Ouest, chemin de la Taillat.

En l’état, le PLUi laisse la porte ouverte à une densification « au coup par coup », au gré des opportunités foncières et des possibilités du zonage UC1a (immeuble en R+7 !!).

Inscrire les orientations suivantes dans le projet :

  • Consolider la trame de cheminements doux existants et apaiser les voiries (pour notamment une avenue de Verdun plus urbaine mais néanmoins arborée) ;
  • Anticiper et encadrer le développement résidentiel à venir pour accompagner qualitativement la mutation des zones d’habitations individuelles (définir les outils adéquats : Plan de Formes Urbaines pour limiter la hauteur maximum, zonage plus restrictif que UC1a comme UD1, … ) ;
  • Adapter l’offre d’équipements publics, et notamment scolaires, en cohérence avec les futurs développements urbains ;
  • Aménager des espaces publics conviviaux et partagés ;
  • Consolider l’offre commerciale en tenant compte des commerces existants et des futurs développements.

Etudier la possibilité d’utiliser un dispositif de type ZAC sur toute ou partie du périmètre du projet.

(3) Tenir compte de la pression sur les parkings

Les règles du PLUi sont très restrictives en termes de nombres de parkings par logement, prenant comme hypothèse que l’infrastructure de transport en commun entre la Vallée du Grésivaudan et Grenoble (BHNS, parking relais silo à Montbonnot, parkings chapelets sur la commune de Meylan) est en place et efficiente dès 2020.

Ce qui est loin d’être le cas ! Il y a une trop forte désynchronisation entre les règles de nombre de parkings par logement inscrites dans le PLUi et la réalité des infrastructures de transport et de parkings relais. Cela va grandement aggraver la situation actuelle qui est déjà tendue.

La CEM demande d’adapter les règles du nombre de parkings par logement aux capacités réelles de l’infrastructure de parkings relais et du niveau de service des lignes de transport en commun.

Donc imposer dans la version actuelle du PLUi une place de parking résident minimum par logement (1,5 à partir de 60 m², 2 à partir de 100 m²), y compris social ; que ces places soient, autant que possible implantées en sous-sol, et si elles sont en surface, imposer des places végétalisées.

(4) La question de la mixité sociale

La CEM est convaincue qu’atteindre intelligemment des objectifs ambitieux de mixité sociale pour la commune passe aussi par une qualité d’urbanisation qui tient compte des attentes des habitants.

Dans un contexte actuel où déjà plus de 80 % des logements sociaux sont concentrés sur Buclos et Béalières, (chiffres 2012 à réactualiser), il n’est pas concevable que la seule superficie de commune définisse le nombre de logements sociaux, au risque de les concentrer dans les seules zones « densifiables », créant ainsi les conditions d’une future ghettoïsation.

La CEM demande d’examiner la possibilité de faire prendre en compte l’hydrographie (zones inondables), la géographie (zones en coteaux en UD4), pour revoir les objectifs chiffrés en fonction de ces données.

Elle demande aussi d’imposer au promoteur, à partir d’une taille de programme significative (200 logements par exemple) de participer au financement d’équipements publics (LCR, parcs, jeux, etc.).

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Les deux premières demandes de la CEM ont été prises en compte dans l’avis voté par le Conseil Municipal sur le PLUi voté le 17 décembre 2018, et vont donc être transmises en tant que réserves au Commissaire enquêteur.

A noter toutefois que si le projet d’aménagement du « cœur de ville » a été lancé, il a pris trop de retard pour faire des propositions concrètes pour protéger efficacement les zones d’habitations individuelles de Grand Pré d’une densification « sauvage ». Il est donc critique de demander dans l’enquête publique que ces zones soient mieux protégées dans le PLUi : zone UD1 plutôt que UC1a.

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François Coudurier et Philippe Bodiglio
rédacteurs de l’avis de la CEM sur le PLUi
Deptembre 2018

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